A propos

cours guitare lyon
"Celui qui se définit ne peut savoir qui il est réellement." Lao Tseu


J'ai commencé la guitare à 15 ans, grâce à mon ami Benjamin Sertelon, et ses précieux conseils.
Après 5 ans en autodidacte, et quelques expériences de groupes, je pars à Nancy pour une année incroyable à la Music Academy International.

Des rencontres étonnantes, des professeurs (Cyril ACHARD, Christophe GODIN, Hassan HAJDI, Patrick RONDAT, Manu LIVERTOUT ) et Masterclass époustouflantes, cette expérience a radicalement transformé mon jeu, et ma vision de la musique.

De retour, diplômé avec mention, je commence rapidement à donner des cours de guitare dans une école de musique (associative), et après 3 ans d'expérience, je décide de devenir indépendant, et de créer Guitar Connection.

Le recul constant sur les choses et la remise en question permanente m'amène à toujours me questionner sur la façon la plus adaptée d'enseigner. S'agissant de cours particuliers, il est nécessaire de comprendre chaque personne pour s'adapter au mieux.

Après ces années à pratiquer, j'ai pris conscience de tout ce que cela pouvait apporter. Je n'aurai jamais pensé à 15 ou 16 ans, que la guitare et la musique allaient autant me donner. J'en prends d'autant plus conscience aujourd'hui que je le vois chez les élèves les plus passionnés.

La pratique du Tai Chi Chuan, et de la méditation m'aidant aussi chaque jour à mieux comprendre les mécanismes subtils qui s'activent avec chacun de nos actes, je m'efforce de décoder les difficultés rencontrées par chacun, afin d'essayer d'y remédier le plus simplement et efficacement possible, dans la détente, sans braquer l'esprit.
L'intéret particulier porté au Taoïsme et à d'autres d'marches spirituelles orientales (Bouddhisme, Zen...), en plus de la pratique, ouvre peu à peu la conscience, et permet de déceler de façon plus "objective" l'origine de nos limites.
Cela constitue simplement un outil pédagogique supplémentaire. Mon rôle en tant qu'enseignant est de guider de façon "pertinante", de proposer un axe de pratique adapté à chacun. L'évolution passe par l'expérience, la théorie sert seulement de rails.

J'essaie donc d'aborder la pratique de la guitare dans une démarche de patience, d'ouverture, d'écoute, de partage, de calme, d'expressivité, de capacité à vivre l'instant et de connaissance de soi...
Vue de cette manière, la pratique musicale est une forme de méditation. Petit à petit, sans compétition, l'harmonie prend place, avec une "meilleure" coordination, motricité, et une cohésion corps esprit de moins en moins désunie.

C'est en 2008 / 2009 que je commence é mettre en place ce qui deviendra "AtmA Guitar Method". Sans cesse en évolution, cette méthode s'enrichit chaque jour de chaque expérience, avec les élèves, mais aussi des rencontres avec des guitaristes ayant un "niveau" musical incroyablement enrichissant, d'où La création (avec Benjamin Sertelon) de l'association Guitar Event (www.GuitarEvent.org).

Je suis des cours, et m'initie actuellement à la musique Indienne (Inde du Nord) à travers le chant Dhrupad avec Arnaud Didierjean (www.arnauddidierjean.fr), et et le Pakhawaj (percussions).





L'antique cithare : Extrait des "Contes des sages taoïstes" de PASCAL FAULIOT aux éditions du Seuil

Il y avait parmi les précieuses oeuvres d'art dont regorgeait la salle du Trésor impérial une cithare antique que plus personne n'osait toucher depuis longtemps. La légende raconte qu'elle fut jadis taillée dans le bois de l'arbre Kiri qui fut, en des temps immémoriaux, le roi de la forêt de Loungmen, un haut lieu d'énergie selon les maîtres du Feng Shui. Sa tête altière dialoguait avec le vent et les étoiles, ses racines profondes se nourrissaient du souffle du Dragon de la Terre. L'esprit de l'arbre était puissant et l'instrument qu'un magicien luthier des temps anciens tailla dans son bois était farouche, difficile à apprivoiser. Rares étaient les musiciens qui parvenaient à l'accorder, plus rares encore ceux qui pouvaient en tirer des sons mélodieux. Houang-ti, le mythique Empereur Jaune, fut le premier à en jouer et il composa dessus des airs oubliés qui, dit-on, pouvaient chasser les nuages ou apporter la pluie. Dans les siècles qui suivirent, il y eut encore quelques grands maîtres de musique qui purent faire vibrer harmonieusement la cithare sacrée, comme s'ils étaient reconnus par elle. Mais, depuis plusieurs dynasties, tous ceux qui avaient essayé d'en jouer n'en avaient tiré que sons discordants et pitoyables cacophonies, signe sans doute que le temps des musiciens véritables était révolu.

Un empereur se mit en tête de se choisir un nouveau maître de musique en recourant à la cithare qu'il fit exhumer de la salle aux trésors. Il voulait savoir s'il existait quelqu'un dont l'art avait encore une once de magie ou si pareil talent n'était plus que légende d'antan. Il fit annoncer dans tout l'empire les termes du concours.

Peu de musiciens se présentèrent aux portes du palais, de peur de perdre la face devant le Fils du Ciel en personne. Et c'est à reculons que les musiciens de la Cour se soumirent à l'épreuve. Ce qu'ils redoutaient le plus se produisit effectivement: ils ne tirèrent de l'instrument que grincements, crissements, couinements qui firent défiler sur les augustes visages de l'empereur et de la Cour toute la gamme des grimaces. Les quelques maîtres de musique venus des quatre horizons de l'empire n'apportèrent pas plus de bonheur à l'assistance.

Vint alors le tour d'un musicien errant, l'un de ces baladins en guenilles qui jouaient pour les oiseaux des pinèdes, les poissons des torrents et les pèlerins dans la cour des temples. Il prit la cithare, caressa longuement la caisse de résonance comme s'il cherchait à apprivoiser un cheval rétif. D'une main, il fit vibrer chaque corde en l'effleurant, de l'autre l'accorda avec le sourire intérieur de l'amant qui contemple sa bien-aimée.

Une mélodie monta doucement, des vagues de notes cristallines s'élevèrent et s'évanouirent comme le flux et le reflux des flots sur la berge. Alors qu'on était en automne, un vent tiède se mit à souffler dans la salle. Elle embauma le parfum des cerisiers en fleur. Les visages de la noble assemblée rayonnèrent d'une joie paisible. Les musiciens présents reconnurent le mode Kiao, celui du printemps. La musique s'accéléra soudain et prit la tonalité Tche. Un vent chaud fit retentir sous les poutres le chant des grillons, les pouls battirent la chamade, les corps bouillonnèrent de vie. Les dignitaires perdirent toute contenance, dodelinant de la tête et se balançant en cadence, irrésistiblement entraînés par le rythme. Certains se levèrent et se mirent à danser. La musique ralentit et s'appuya sur le son You. Un vent glacial siffla sa complainte entre les colonnes de marbre. Des flocons de neige voltigèrent dans la salle et se mélèrent aux larmes de la nostalgie sur les visages de la noble assemblée.

La cithare égrena ses dernières notes qui résonnèrent longtemps sous la charpente. Puis elles se fondirent peu à peu dans la vibration du silence, devenue alors étonnamment présente. Après un temps qui parut une éternité, la voix de l'empereur fit sortir l'assistance de son étrange engourdissement:

- Félicitations. Vous avez réussi là où tous ont échoué. Vous serez mon maître de musique. Dites-nous votre nom et d'où vous tenez le secret de votre art.

Le musicien errant esquissa un timide soupire et dit:

- Mon nom est Peïwoh, Majesté. A mon humble avis, les autres ont échoué car ils voulaient faire entendre leurs propres musiques. Quant à moi, j'ai laissé la cithare chanter les thèmes de son choix. Et je serais incapable de dire si c'est Peïwoh qui joua de la cithare ou la cithare qui joua du Pewoh. Grâce à cet instrument divin, je suis allé jusqu'au bout de mon rêve de musicien et je n'en ai plus besoin. C'était mon seul but en venant ici.

Il déposa la cithare au pied du trône et il franchit la grande porte laquée de rouge et d'or. Quand l'empereur sortit de sa stupéfaction, il donna des ordres pour qu'on rattrapât le maître de musique qu'il s'était choisi. Mais la brume de l'automne avait englouti son ombre.




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